Bon-Appétit !La ReFeRe / vers la page d'accueil                  


 
La ReFeRe compte plein de sites intéressants et même fabuleux. À la suite du Tartare, joyau chtonien de ce réseau résolument social, sera exposé, sous forme de maquette à l’échelle habituelle du 1/87e, le lieu appelé Bon-Appétit !, où s’élabore ce que à quoi le personnel tient le plus, la statutaire soupe du cheminot.
Ce n’est pas parce qu’aucun plan n’existe, comme de coutume, que le site ne peut pas être décrit au moins dans son fonctionnement, avec le pourquoi du comment*.




*  Mots-clefs : alimentation, bien-être, campophagie, développement durable, économie circulaire, entomophagie, environnement, éthique, excellence, ferroviaire, Galleria melonella, locavorie, nutrition, polyéthylène, porciculture, prospective, Pyralidae, rudophagie, Suidae, Sus scrofa domesticus.
Le Directeur-en-chef de la ReFeRe a plein d’idées mais n’émergent que celles qui sont profitables à son personnel. Ainsi a-t-il inventé, mis au point et lancé l’incomparable Pol-Ré, installé au Tartare, où les travailleurs bénéficient d’une réaffectation, pour une seconde vie professionnelle, et donc d’un parcours considérablement enrichi.
Le Pôle Réemploi ne désemplit pas et remporte aussi un grand succès chez les visiteurs du site, ouvert au public depuis la mi-août 2018.

De quoi peuvent encore rêver les employés de la ReFeRe ? Tous sont aux maxima sociaux. Ils ont tout en matière d’avantages acquis, un code du travail simple et un Règlement juste. Les voyages gratuits en train, c’est le minimum dans les entreprises ferroviaires. Mais la soupe du cheminot servie sur place, c’est la marque de la ReFeRe, un bienfait du Directeur-en-chef, unique et précieux*.
Pourtant, ce brouet un peu ragougnasse certes, mais impeccable côté apport nutritif, pouvait être stigmatisé pour les conditions de sa production.

D’où la décision du Directeur-en-Chef de relever le défi d’offrir à tout son personnel une soupe du cheminot satisfaisant à leur goût autant qu’aux critères les plus exigeants de l’écoresponsabilité pitancielle sous leurs déclinaisons les plus sévères et les plus actuelles.
Soit une élaboration locale à partir de produits locaux fabriqués localement dans de petites unités artisanales et une saveur délicieuse frisant la succulence, sans transiger ni sur les calories ni sur les apports en protéines, glucides, lipides et oligoéléments, et en ayant pris le soin le plus extrême à n’avoir ni molesté ni stigmatisé quoi que ce soit ni qui que ce soit.
D’un sondage récent, fait discrètement, il est ressorti que le cheminot (d’origine en général chinoise rappelons-le) rêve de máoshì hóngshāoròu, de hóng shāo ròu (le plat préféré de Mao), de dim sum et de siu mai, tous mets à base de porc. C’est-à-dire de cochon, de couessot, de laiton, de nourrain, de truie, de cotsou, de goret, de caye, de verrat, de caion, de gorin, de gagnou, de pourceau, de garille ou de porcelet.
* Les visiteurs s'étonnent toujours de ne jamais observer de mouvement y compris social ni la moindre manifestation y compris de mauvaise humeur sur leur visage.
Le défi fut de taille : exhausser ces désirs gastronomiques était-il raisonnable ? Non. Fut-ce possible ? Eh bien oui…

De quoi disposait la ReFeRe ? D’un stock d’énormes poutres en concrete, disponible sur l’îlot innomé où débouche l’ascenseur qui descend au Tartare (et en remonte). Le site fut baptisé Bon Appétit ! Elle pouvait mobiliser concrete, colle, plastoc et main d’œuvre docile ad libitum. Et profiter de son réseau ferroviaire incomparable. Et de l’énergie électrique (nucléaire à 70%) fournie par son Directeur-en-Chef, en plus de ses savoirs et pouvoirs.
N’a-t-il pas fréquenté la ferme dans son jeune âge ? N’est-il point agronome patenté ? N’a-t-il point suivi les cours de zootechnie à l’Agro ? Il a su produire des cochons comestibles. Et ceci selon les critères dits plus haut.

On n’ignore pas que les marchands de cochon en vendent (fort cher!), de bonne qualité charcutière et exactement à l’échelle du 1/87e. Et que ces bestiaux sont, à l’instar des travailleurs importés dont ils sont proches en quelque sorte, livrés sans organes de reproduction*. Pas question d’en faire l’élevage au long cours et de les multiplier.
Soit donc, au départ, des bêtes nées en Chine (ou dans ce coin-là). Pour en faire le cochon local, style écololocacole, exigé, il faut l’acclimater, le temps qu’il oublie le chinois et se sente plus qu’un assimilé, un indigène au sein de la ReFeRe.
Même s’il n’est point besoin de l’engraisser, ça coûte de l’aliment (local) et des soins, et de l’hébergement (sur place) et du nettoyage. Tout un tintoin. Mais on obtient à l’arrivée (du cochon à l’abattoir) de quoi offrir toutes les bonnes choses suggérées par les travailleurs gourmets et gourmands. La question du processus charcutier sera élégamment résolue, comme on le verra.

Avec quoi nourrir le cheptel ?
Classiquement le porc – en élevage familial - était nourri des eaux grasses de vaisselle ; il résidait d’ailleurs en face de la cuisine, dans le toit à cochons. On lui préparait aussi, les jours fastes, une pâtée à partir de produits animaux et végétaux de la ferme, immangeables par qui que ce soit d’autre. Point de ces ressources domestiques à la ReFeRe.
Le cochon, on le sait de toute éternité, est un omnivore qui ne crache pas sur la viande. À preuve son usage (épisodique) pour faire disparaître un cadavre encombrant (préalablement tronçonné toutefois, sauf si c’est celui d’un nouveau né). En foi de quoi le cochon en stage d’intégration à la ReFeRe se sustente de matière animale non transformée, produite biolocalement et écoéquitablement.
Classiquement, le cochon est égorgé vif ou assommé d’un coup de merlin. Le cochon référesque est joliment transformé en produit.






* Pour ce qui est des personnels, la chose est bien expliquée aux visiteurs, qui viennent avec leurs enfants innocents sans crainte.
La veille qu’exerce le Directeur-en-Chef, entomologiste patenté, sur le monde des insectes, des autres entomologistes et des entomophagistes (soit sur l’Entomosphère) lui a désigné une provende innovante en porciculture et très dans l’air du temps. Les porcs sont nourris des chenilles de la Mélonelle* élevées sur des déchets et rebuts de plastoc. En effet, un article reconnaissant à cet insecte la capacité de digérer le polyéthylène** est paru dans une revue scientifique.
L’élevage n’est pas compliqué, ne dégage que fort peu de gaz carbonique et ne requiert pas de bâtiments immenses. Le plastoc de rebut abonde.
En quelques générations et avec une bonne paire de ciseaux Crispr cas95***, les Mélonelles furent réduites à des dimensions compatibles avec l’ouverture de la gueule des cochons.
La pitance des chenilles est assaisonnée, pour la conformer à leur goût, de cire d’abeille, leur nourriture ancestrale, laquelle cire est récoltée dans les pays catholiques au pied des cierges, quitte à pratiquer discrètement des voleurs.
* Son nom entomologiquement correct est la Fausse-Teigne de la cire (ou localement Gallerie), Galleria melonella (Lép. Pyralidé), espèce de papillon connue et redoutée des apiculteurs pour les dégâts que sa larve fait dans les gâteaux de cire. L’appellation de Mélonelle n’est valable que dans l’espace de la ReFeRe.
** Voir l'Épingle Polyéthylènophage. Quelques mois plus tard, le résultat a été contesté – voir Polyéthylènophage ?, ce dont on ne tiendra pas compte.
*** Outil moderne à avoir toujours sous la main pour pratiquer le forçage génétique.
Résumons le processus, en forme de réseau trophique : le plastoc nourrit les chenilles. Les chenilles nourrissent les porcs. Les porcs nourrissent le personnel. Le personnel est ravi, les porcs ont la vie belle, les chenilles n’y comprennent rien, le plastoc est valorisé au-delà de ses espérances.

Il va sans dire qu’à chaque tronçon de ce réseau correspondent des installations, bâtiments, machines, logiciels ad hoc, reliés par des voies ferrées, disposés idéalement sur l’îlot Bon Appétit !, et très fidèlement reproduits par la maquette au 1/87e.

Ce texte, de la plume du Directeur-en-Chef*, ne livre que les principes et les grandes lignes de leur mise en œuvre. Sa lecture ne peut sous aucun prétexte se passer de l’écoute des questions-réponses de la Robote, qui a approfondi chaque aspect de l’élaboration de la soupe 3.0, comme elle dit, et invente le reste, comme elle le fait d’habitude. En tous cas, elle ne reste jamais coite.
* Qui parle de lui à la 3e personne, façon de prendre le recul nécessaire.

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